DÉMOCRATISATION ET DÉVELOPPEMENT
DU VIETNAM

Projet de l'Alliance Vietnam Liberté
promulgué le 13 décembre 97 à Berlin, Allemagne

Première Partie :
Nécesité et Processus de Démocratisation du Vietnam

A. La Réalité Vietnamienne

  1. L’économie centralisée et la politique totalitaire ont amené le Vietnam à la faillite.
  2. L’économie de marché à "orientation socialiste" conduit le Vietnam à une impasse.

B. Les Dangers Potentiels

  1. La métamorphose du Parti Communiste Vietnamienne
  2. L'instabilité sociale permanente
  3. Récession chronique

C. Nécessité de Démocratisation

D. Processus de Démocratisation

  1. Les 5 étapes du processus
  2. Les actions pour réaliser le processus de démocratisation

Deuxième Partie:
Modernisation et Développement du Vietnam

A. Les Priorités de la Période de Transition

  1. Les lignes politiques principales de la période de transition
  2. Les mesures pour assurer la stabilité de la société
  3. La préparation de l'avenir

B. Les Orientations du Développement

  1. Les principes fondamentaux
  2. Les politiques fondamentales

Conclusion


L'humanité se prépare à aborder le XXIème siècle avec optimisme et confiance. La période de la guerre froide est définitivement révolue. Un nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place en vue d’un développement intégral de tous les aspects de la vie.

Après l’effondrement du bloc communiste et grâce aux progrès scientifiques et technologiques, l’économie mondiale entre dans une nouvelle ère. A côté des axes de pauvreté constitués par les pays sous-développés, des zones d’échanges se sont formées et ont entraîné l’apparition d’axes de croissance rapide. Pendant la guerre froide, des puissances économiques cherchaient à rallier les pays en voie de développement afin de contenir l’expansion communiste. Depuis la disparition de cette menace, elles ont développé une stratégie qui consiste à mettre en valeur les ressources et la main-d’oeuvre de ces mêmes pays, afin de résoudre leurs propres problèmes et ceux du monde. Cette nouvelle situation, la mondialisation de l’économie, pourrait être bénéfique aux pays sous-développés tels que le Vietnam, à condition que ceux-ci prennent des mesures adéquates pour en maîtriser les effets.

En particulier, les échanges d’information deviennent un enjeu majeur. Ils contribuent de façon importante à l’acquisition et l’actualisation des connaissances de tous, notamment des intellectuels, favorisant ainsi un développement harmonieux de la société. Cependant, à l’heure actuelle, les régimes totalitaires cherchent à entraver la libre circulation de l’information. Cette politique empêche l’épanouissement des individus et limite la croissance du pays.

Comme les progrès scientifiques et technologiques permettent le développement de l’économie et améliorent les conditions de vie, nombre d’Etats ont mis l’accent sur l’éducation et la formation pour accroître les connaissances techniques, et développer les capacités de l’individu. En effet, seul un être complet et jouissant de toutes ses libertés, conscient de tous ses droits et devoirs, peut contribuer efficacement à la construction de la société et de la Nation. Cependant, certains gouvernements continuent de s’opposer à l’épanouissement de l’individu, empêchant ainsi le développement économique et social de leur propre pays avec des conséquences négatives pour la région.

Le relèvement du niveau culturel de la population, la libre circulation de l’information, la démocratisation du régime politique sont les conditions nécessaires pour que les pays en développement deviennent des acteurs entreprenants et efficaces dans le monde moderne. Sans cela, ils ne pourraient pas mobiliser toutes les ressources nationales et seraient dépendants des puissances économiques internationales. Le Vietnam est l’un de ces pays. Aussi, la démocratie et le développement, aspirations permanentes des Vietnamiens, deviennent-ils des conditions impératives à leur survie.

Première Partie :
Nécessité et processus de démocratisation du Vietnam

A. La Réalité Vietnamienne

Le Vietnam a une situation géographique privilégiée, une population intelligente et laborieuse, un potentiel de ressources humaines important et une culture plusieurs fois millénaire. Il réunit toutes les conditions nécessaires pour devenir un grand pays. Mais la réalité est malheureusement à l’opposé : la société est décadente, la population misérable et le pays sous-développé.

La cause principale de cette situation est le régime totalitaire mis en place par le Parti Communiste Vietnamien depuis un demi-siècle.

I. L’économie centralisée et la politique totalitaire ont amené le Vietnam à la faillite.

Après avoir conquis le Sud Vietnam en 1975, le Parti Communiste Vietnamien y a institué un régime marxiste-léniniste. La "dictature prolétarienne" est de règle avec la répression de tous ceux qui ne partagent pas les idées du régime. Cette politique basée sur la haine et la violence a entraîné la destruction des forces vives du pays. Dans le domaine économique, le Parti a anéanti la classe moyenne en confisquant les entreprises privées, interdit toute activité commerciale, forcé les agriculteurs à rejoindre les coopératives, et déporté les citadins dans les "Nouvelles Zones Economiques". Cette politique de "réforme des agents économiques du Sud" a semé la terreur dans la population. Beaucoup de Vietnamiens ont préféré braver la mort sur l’océan pour fuir le pays.

Les 10 ans d’économie dirigée et de dictature politique de 1975 à 1985, alourdis par les conséquences des guerres contre le Cambodge et la Chine, ont mis le Vietnam en faillite dans tous les domaines. L’économie nationale est gravement atteinte, les valeurs morales bafouées et la cohésion sociale détruite. Cependant, détenant les pleins pouvoirs, les dirigeants communistes pillent impunément toutes les richesses du pays. Le Vietnam en est devenu l’un des pays les plus pauvres de la planète.

II. L’économie de marché à "orientation socialiste" conduit le Vietnam à une impasse.

Dans les années 80, l’économie des pays communistes s’enfonçait dans la crise. Pour s’en sortir, l’ex-URSS lançait la politique du "glastnost" et de la "perestroïka". Les pays du bloc soviétique devaient trouver leurs propres solutions. Le Vietnam laissé à lui-même, était forcé de trouver une issue. La politique du "doi moi" (rénovation) a vu le jour en 1986 avec l’invention d’une "économie de marché à orientation socialiste".

Après 10 ans d’application du "doi moi", des signes trompeurs d’amélioration sont apparus. Ces résultats ne sont pas l’oeuvre du Parti Communiste Vietnamien; ils sont dus aux aides et investissements étrangers, et surtout à l’esprit d’entreprise des Vietnamiens eux-mêmes qui ont su profiter de la levée de l’interdiction du commerce privé. Malgré ces débuts d’améliorations en surface, l’antagonisme entre l’esprit libéral de l’économie de marché et la doctrine totalitaire communiste empêche la résolution des problèmes de fond et va entraîner le Vietnam dans une impasse.

B. Les Dangers potentiels :

I. La métamorphose du Parti Communiste Vietnamien.

Le Parti Communiste Vietnamien a appauvri le pays durant plusieurs décennies de centralisme et l’a livré ensuite à l’exploitation capitaliste pendant la période du "doi moi". Il devrait en assumer la responsabilité et accepter les changements qui s’imposent. Malheureusement, à ce jour, les dirigeants communistes vietnamiens continuent à s’enfermer dans leur logique totalitaire, se servent de ruses diverses et de persécutions contre la population pour se maintenir au pouvoir. Pour assurer la stabilité politique, le pouvoir a besoin de la police et de l’armée dans leur rôle de répression. En échange, il leur laisse la mainmise sur l’économie.
Si cette situation perdure, la société vietnamienne s’enfoncera dans la décadence et sera contrôlée par les gros bonnets du pouvoir et les parrains du crime. Le Parti Communiste Vietnamien est incapable de gérer le pays, mais n’hésitera pas à changer d’apparence pour garder le pouvoir sans partage, l’éventualité d’une dictature militaire n’étant pas à exclure. Alors, une minorité de capitalistes rouges et leurs complices étrangers vivront dans l’abondance en exploitant les ressources naturelles et la main d’oeuvre bon marché d’un Vietnam qui restera économiquement en retard. Cela constitue un vrai danger de perpétuer la dictature au Vietnam. Cette perspective n’est pas souhaitée par les Vietnamiens.

II. L’instabilité sociale permanente.

En instaurant l’économie de marché, les dirigeants communistes vietnamiens voulaient surtout consolider leur monopole du pouvoir et ne se préoccupaient pas des conséquences néfastes pour la société. L’économie de marché à "orientation socialiste" aggrave de façon importante le déséquilibre entre les régions, entre les zones rurales et les agglomérations urbaines. Ce déséquilibre a entraîné des exodes vers les grandes villes, favorisant l’explosion des fléaux sociaux tels que la prostitution, la drogue, la délinquance. Cette économie sauvage entraîne la destruction inévitable de l’environnement. La corruption est devenue une gangrène nationale. L’injustice est omniprésente, la raison appartenant toujours aux riches et aux puissants. Les dirigeants communistes qui se vantent d’être l’avant-garde de la classe ouvrière, pactisent avec des patrons étrangers sans scrupule pour exploiter les ouvriers, bafouer la dignité des travailleurs, et dépouiller les agriculteurs de leurs terres.

Les problèmes sociaux engendrent revendications et protestations. Le mécontentement gagne tout le pays. Les victimes de l’injustice se sont soulevées pour exiger leur réhabilitation. Les agriculteurs refusent l’expropriation et manifestent en de nombreux endroits. Des grèves ont éclaté dans les entreprises d’État et les "joint-ventures" pour défendre les revendications des travailleurs et protester contre les mauvais traitements. En outre, la lutte pour les Droits de l’Homme et du Citoyen est en train de prendre de l’ampleur dans les couches populaires, même chez ceux qui furent longtemps fidèles au régime.

La société vietnamienne actuelle peut se comparer à une poudrière. L’avidité du pouvoir pousse le Parti Communiste Vietnamien à utiliser tous les moyens, même les plus violents, pour réprimer les aspirations et les revendications légitimes de la grande majorité. Il n’y aura donc jamais de stabilité sociale, et de possibilité pour le pays de décoller. Cette perspective n’est pas souhaitée par les Vietnamiens.

III. Récession chronique.

Ce danger a trois origines :

  1. La politique d’obscurantisme et le contrôle sévère de l’information pratiqués par le régime totalitaire empêche les Vietnamiens d’accéder à l’instruction. A long terme, ils perdront la faculté d’acquérir des connaissances et de s’adapter à l’évolution rapide du monde moderne.
  2. La communauté vietnamienne d’outre-mer, moins nombreuse (4% de la population du pays), mais dotée d’un riche potentiel dans les domaines technologique, économique, ne peut rien apporter au pays en raison des restrictions politiques du régime.
  3. La dilapidation des ressources nationales par le Parti Communiste Vietnamien (qui les concède aux étrangers), les dettes atteignant des dizaines de milliards de dollars et soit disant pour développer le pays, mais en fait pour être partagées entre les factions du parti, laisseront de graves conséquences pour les générations futures qui en feront les frais.

Le Vietnam restera ainsi un pays pauvre et sous-développé. Cette perspective n’est pas souhaitée par les Vietnamiens.

C. Nécessité de démocratisation :

Malgré les ressources naturelles abondantes du pays, les Vietnamiens sont pourtant obligés de recourir à des petites combines pour survivre en profitant du peu de liberté toléré par le régime.

Les membres du Parti eux-mêmes ne croient plus à la survie du régime, aussi la plupart d’entre eux se préparent-ils pour un changement inévitable.

Pendant ce temps, les 3 millions de Vietnamiens résidant à l’étranger, de toutes professions et ayant réussi dans leur métier, souhaitent ardemment participer à la reconstruction du pays.

L’aspiration commune à une vie meilleure ne pourra se réaliser qu’avec l’instauration d’un nouveau régime qui respecte les principes démocratiques et les droits de l’homme et qui mobilise toutes les capacités potentielles pour la reconstruction du pays.

La seule issue est donc d’accélérer le processus de démocratisation.

Seule la démocratie permettra au Vietnam d’échapper à l’abus de pouvoir par une minorité qui privilégie ses intérêts personnels ou partisans au détriment de ceux de la Nation.

Seule la démocratie réunira les conditions d’un rassemblement de toutes les forces de la Nation, afin de mettre en valeur tous les potentiels intellectuels et humains pour développer l’économie et restaurer la cohésion sociale.

Seule la démocratie permettra au Vietnam de bénéficier d’une stabilité durable, de se développer pour devenir un partenaire fiable dans la coopération internationale et pour contribuer à la paix et la prospérité de la région.

La démocratisation du Vietnam est un processus inéluctable. Toutefois, le peuple vietnamien ne veut pas la réaliser à n’importe quel prix, il veut préserver au maximum les vies humaines et le patrimoine national. D’autre part, elle devra être achevée en un temps raisonnable, ce qui évitera au pays les dangers précédemment mentionnés et lui permettra de rattraper le niveau de développement de la communauté mondiale, une fois la démocratie établie.

Le devoir des Vietnamiens est de mettre fin le plus tôt possible à la dictature actuelle pour instaurer une démocratie pluraliste, permettant à leur pays de participer au concert des Nations au XXIème siècle. C’est un grand défi pour chaque Vietnamien. C’est aussi l’intérêt des nations ayant des relations avec ce pays, car celui-ci pourra ainsi jouer un rôle actif dans le développement commun.

D. Processus de démocratisation :

Le processus qui mettra fin au régime totalitaire en vue d’établir une démocratie pluraliste et de permettre un développement durable, doit réunir les trois conditions essentielles suivantes :

Sur ces bases, le 16 novembre 1991, l’Alliance Vietnam Liberté a proclamé la "Proposition de Démocratisation du Vietnam". Elle préconise un processus de démocratisation pacifique qui permet de lever progressivement les restrictions aux principes démocratiques et aux Droits de l’Homme et de favoriser l’émergence d’une société pluraliste. Par là même, se créeront les conditions optimales de transition vers une vraie démocratie.

I. Les 5 étapes du processus.

Dans la situation actuelle, l’Alliance Vietnam Liberté propose 5 étapes fondamentales pour le processus de démocratisation :

Première étape : Mettre fin à la répression politique et au monopole des médias.

Les dirigeants du Parti Communiste Vietnamien doivent :

Deuxième étape : Respecter les Droits de l’Homme et mettre fin à la discrimination.

Les dirigeants du Parti Communiste Vietnamien doivent :

Troisième étape : Reconnaître à toute organisation le droit d’avoir des activités publiques.

Cette étape permet de poser les bases de la démocratie en faisant participer les différentes tendances au débat politique. Les dirigeants du Parti Communiste Vietnamien doivent :

Quatrième étape : Formation des structures de transition.

Les partis politiques et les mouvements populaires se réuniront pour débattre de la situation du pays, et proposer des solutions pour définir le meilleur cadre de transition.

Il en résultera la formation d’un gouvernement de transition pour diriger le pays et organiser l’élection d’une Assemblée Constituante en présence d’observateurs internationaux.

Cinquième étape : Edifier les fondements d’une démocratie pluraliste.

Après son adoption par l’Assemblée Constituante, la nouvelle Constitution sera soumise à un référendum. Sur le fondement de ce texte, les Vietnamiens éliront les différentes institutions de l’Etat.

II. Les actions pour réaliser le processus de démocratisation.

Pour réaliser le processus de démocratisation du Vietnam, l’Alliance Vietnam Liberté propose les actions suivantes :

Première action : Renforcer la coopération et l’entente entre toutes les composantes de la Nation.

Dans la situation actuelle, mobiliser toutes les organisations, tous les individus, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, est une condition indispensable pour mettre un terme à la dictature et reconstruire un Vietnam libre, démocratique et prospère. Poursuivre l’effort de mobilisation des Vietnamiens est une nécessité stratégique.

Cette mobilisation ne peut se réaliser que si tous les individus, organisations, partis politiques parviennent à unifier leurs forces, à débattre ouvertement et pacifiquement de la situation du pays et à définir une stratégie commune. En partant de cette entente, les forces démocratiques, chacune avec ses propres atouts et particularités, pourront oeuvrer ensemble pour la Démocratie et la Liberté au Vietnam.

Deuxième action : Soutenir et encourager les revendications pour les Droits de l’Homme et du Citoyen.

Nous devons soutenir les diverses revendications légitimes des ouvriers, commerçants, paysans qui exigent l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des salaires, la diminution des impôts, la restitution des habitations et terrains confisqués, le respect de la liberté religieuse. De plus, nous devons soutenir les églises qui réclament la restitution de leurs biens.

De même, nous appuyons les revendications concernant l’amélioration de la santé publique et de l’éducation, la protection de l’environnement et l’utilisation des compétences à leur juste valeur.

Encourager et soutenir toutes ces revendications est nécessaire pour protéger les intérêts propres des Vietnamiens, et pour mettre un terme à l’exploitation et à la répression qui ont été érigées en méthode de gouvernement par le régime totalitaire actuel.

Troisième action : Soutenir la dissidence au sein du Parti Communiste.

Dans le passé, nombre de gens avaient adhéré au Parti Communiste Vietnamien par idéal, croyant que ce parti allait mener à l’indépendance et à l’égalité sociale. Aujourd’hui, même si la plupart d’entre eux se sont aperçus de leur erreur et de la faillite de l’idéologie communiste, ils n’ont pas d’autre alternative que d’y rester pour assurer leur sécurité.

D’autres, plus courageux, ont déclaré publiquement leur repentance, et exigent des dirigeants du Parti une ouverture plus radicale au pluralisme et à la démocratie. Ces exigences affaiblissent le pouvoir et renforcent la volonté de lutte de tous les autres membres du Parti qui partagent les mêmes idées. Soutenir et mobiliser la dissidence à l’intérieur de l’appareil communiste est une nécessité stratégique.

Quatrième action : Encourager et renforcer le pluralisme.

Depuis l’application de la "politique d’ouverture" et de l’économie de marché, la situation échappe de plus en plus au contrôle des dirigeants du Parti. Cette situation favorise l’émergence de nombreuses activités pluralistes, jadis clandestines, dans divers domaines culturel, éducatif, économique, social, religieux. Encourager et soutenir ces activités contribue à les multiplier, à isoler davantage les dirigeants du Parti et à renforcer une dynamique démocratique. Ceci est une autre nécessité stratégique.

Cinquième action : Mobiliser la pression internationale pour la Démocratie et les Droits de l’Homme.

Bien que de nombreux pays entretiennent des relations commerciales avec le Vietnam et y investissent, le problème des Droits de l’Homme et de la Démocratie dans ce pays demeure une préoccupation de l’opinion internationale. En effet, les pays démocratiques et les organisations internationales n’ont cessé de maintenir une pression sur le Vietnam pour l’inciter à entreprendre des réformes nécessaires en ce domaine. Ceci constitue pour nous une aide précieuse à faire valoir. La communauté vietnamienne d’outre-mer, par les moyens d’information modernes et efficaces en sa possession et par sa proximité, pourra mobiliser l’opinion internationale pour la cause du peuple Vietnamien.

Sixième action : Dénoncer les erreurs du régime et préparer la rénovation du Vietnam.

Les politiques successives du Parti Communiste Vietnamien ont laissé des conséquences graves pour la Nation. Dénoncer ces erreurs relève du devoir des Vietnamiens. Ils doivent, en plus, alerter l’opinion publique sur les dangers qui menacent le pays et mobiliser les pressions sur les dirigeants du Parti pour les obliger à adopter les changements nécessaires. D’ores et déjà, ils doivent préparer toutes les conditions nécessaires pour faciliter le passage d’un système totalitaire vers la Démocratie.

Concrètement, les organisations professionnelles des cadres et des techniciens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, doivent se pencher sur les nombreux problèmes actuels du Vietnam, pour proposer des solutions en profitant des expériences des autres pays, pour esquisser les orientations du développement futur et pour ébaucher les projets de rénovation du Vietnam.

Deuxième Partie:
Modernisation et développement du Vietnam

Les plus graves problèmes actuels du Vietnam sont : l’absence d’un cadre juridique institutionnel, la corruption généralisée, la contrebande organisée, l’abus de pouvoir, la répartition inéquitable de la richesse, la disparité entre les classes sociales, la dilapidation des biens publics... Il faudra les résoudre durant la période de transition dans le cadre du processus de démocratisation.

A. Les priorités de la période de transition :

La période de transition commence dès la création d’un gouvernement de transition résultant d’un accord entre tous les partis politiques. Sa tâche essentielle est de préparer les élections générales libres. Elle prend fin avec la formation du gouvernement défini par la nouvelle Constitution.

Le succès de la transition vers une vraie démocratie à partir d’un régime dictatorial, période où la préparation du futur est primordiale, dépend des lignes politiques adoptées et des actions concrètes entreprises.

I. Les lignes politiques principales de la période de transition.

1. Evolution pacifique.

La transition doit se faire dans un esprit de conciliation, évitant tout bouleversement dans les activités de la population.

Le gouvernement de transition devra prendre en compte les réalités du moment pour élaborer les politiques les plus appropriées et pour réformer progressivement l’Administration, dans le seul but de servir le Peuple et la Nation.

2. Cohésion nationale.

L’Histoire récente a laissé de profondes divisions entre les Vietnamiens. Depuis des décennies, la politique menée par le régime, basée sur la haine, n’a fait que les accentuer. C’est ainsi qu’il n’a pas pu entreprendre le développement du pays: le Vietnam continue à stagner dans la misère et à accumuler du retard par rapport aux autres nations. Les Vietnamiens doivent tourner cette page sombre de l’Histoire et se rassembler dans un esprit fraternel, avec la volonté de reconstruire la Nation.

Aussi la cohésion nationale doit-elle constituer un concept fondamental de la politique du gouvernement de transition. Celui-ci doit tout mettre en oeuvre pour recréer la confiance mutuelle des différentes composantes de la Nation. C’est dans cet esprit de cohésion nationale que les Vietnamiens pourront surmonter les difficultés de la période de transition et jeter les bases de la Démocratie.

3. Application des concepts démocratiques.

Tous les concepts démocratiques doivent être respectés dès les premiers jours de la période de transition. Cette rigueur est essentielle pour assurer une Démocratie durable. Le gouvernement de transition ne doit, sous aucun prétexte, ni restreindre les libertés individuelles, ni imposer une idéologie, ni prendre des mesures allant à l’encontre des souhaits de la population. Toutes les tendances politiques, y compris celles de l’opposition, doivent pouvoir s’exprimer librement. Les différends devront être réglés par le dialogue et la négociation. C’est seulement par ces actions que le nouveau système politique gagnera la confiance du peuple si longtemps abusé.

4. Relations internationales égalitaires.

Pendant ces dix dernières années, la politique d’économie de marché à "orientation socialiste" a conduit à des contrats inéquitables, bradant d’importantes ressources nationales aux capitalistes étrangers. Cela étant, le gouvernement de transition devra néanmoins assumer la continuité de l’Etat et respecter ses engagements. Cependant, il procédera à la renégociation de certaines clauses défavorables aux intérêts de la Nation. Le Vietnam doit trouver un équilibre entre ses intérêts vitaux et ses devoirs de contribution au progrès et à la prospérité du monde.

II. Les mesures pour assurer la stabilité de la société.

Une des tâches prioritaires du gouvernement de transition est d’assurer la stabilité sociale et économique en empêchant tout bouleversement préjudiciable au processus de démocratisation. En se basant sur les concepts précités, il doit prendre un certain nombre de mesures appropriées.

1. Assurer la stabilité économique.

Sur le plan économique, au lieu d’une nouvelle politique globale, ce gouvernement prendra seulement un certain nombre de mesures pour réguler la machine économique, assurer le fonctionnement cohérent du marché et empêcher un éventuel effondrement :

  1. empêcher la spéculation, en particulier sur les produits de première nécessité, pour stabiliser les prix et éviter une inflation néfaste.
  2. assainir le système financier et bancaire, et mettre un terme aux prêts de complaisance aux entreprises d’Etat.
  3. porter l’effort sur les régions défavorisées souffrant de disette chronique. Exempter d’impôts les personnes à faible revenu. Créer des réseaux spécialisés de distribution pour les personnes nécessiteuses. Le cas échéant, réduire les exportations des produits de première nécessité.
  4. assurer le respect des engagements et des contrats signés avec les investisseurs vietnamiens et étrangers.
  5. limiter l’importation des produits de luxe et utiliser les devises économisées pour les produits de première nécessité.

2. Eradiquer les fléaux sociaux.

Eradiquer les fléaux de la société vietnamienne actuelle, conséquences d’une administration corrompue, constitue une lourde tâche de première urgence. Mener à bien cette grande entreprise nécessitera la participation de tous les Vietnamiens, y compris ceux vivant à l’étranger et des organismes humanitaires internationaux. Les principales mesures à prendre sont :

  1. assainir l’administration. Il ne s’agit pas d’une mesure de représaille contre les cadres ayant servi la dictature, mais de rendre plus efficace un appareil lourd et stérile en éliminant les filières de contrebande et de corruption qui empêchaient les fonctionnaires de servir la Nation.
  2. éliminer les bandes maffieuses, les réseaux de prostitution, le trafic de drogues. Pour accomplir cette mission, il faudra un support actif de la population et une collaboration étroite avec les gouvernements étrangers, en particulier ceux des pays voisins.
  3. résoudre progressivement les problèmes des enfants de la rue, de la délinquance juvénile, des victimes de la drogue... Dans cette entreprise de grande envergure, l’aide des organisations non gouvernementales vietnamiennes ou internationales, laïques ou religieuses, tout comme la contribution des Vietnamiens vivant à l’étranger sont nécessaires. Cette aide pourrait être concrétisée sous forme de centres de formation, d’apprentissage...

III. La préparation de l’avenir.

Parallèlement aux mesures d’urgence, le gouvernement de transition doit aussi mettre en place les fondements d’une société libérale en vue de son développement intégral.

1. Poser les bases du pluralisme démocratique.

Pour rétablir la justice et commencer l’intauration du pluralisme, le gouvernement de transition doit :

  1. interdire tout contrôle des partis politiques sur les forces armées et la police, bannir toutes manipulations et activités politiques partisanes au sein de l’Administration;
  2. abolir tous les privilèges accordés par l’ancien régime communiste à ses acolytes, ses organes ou ses fiefs;
  3. réviser les procès politiques et réhabiliter les victimes de l’injustice passée;
  4. promulguer une loi interdisant toute vengeance politique et examiner les plaintes de la population, les personnes mises en cause ayant droit à un jugement équitable;
  5. garantir les libertés fondamentales du citoyen : liberté de presse et d’information, liberté de déplacement et de résidence, liberté d’association et constitution de parti politique... afin de bien préparer les élections générales libres prochaines;
  6. encourager les Vietnamiens vivant à l’étranger à participer activement à l’édification de la Démocratie et au développement du pays.

2. Promouvoir le civisme de la population.

La plupart des Vietnamiens n’ont jamais connu une vraie démocratie, beaucoup n’ont donc pas conscience de leurs droits et devoirs civiques. Pour combler cette lacune, le gouvernement de transition doit :

  1. réaliser un programme d’instruction civique de masse qui explique à chacun ses droits et ses devoirs, la valeur du scrutin, le rôle des partis, les obligations du gouvernement;
  2. exclure des programmes scolaires les cours d’endoctrinement idéologique prônant la lutte des classes, la discrimination raciale ou religieuse. Cette mesure est d’autant plus nécessaire que l’éducation nationale doit être érigée sur des bases humanistes.

3. Créer les instituts de recherche pour la modernisation.

Pour aider les gouvernements futurs à élaborer les politiques de développement et de modernisation, le gouvernement de transition doit encourager la création des instituts de recherche, avec l’aide des pays amis et des Vietnamiens, de l’intérieur et de l’extérieur. Ces instituts collecteront les données fiables dans divers domaines permettant de planifier la construction d’infrastructures, de réseaux de santé publique, et la constitution d’un système financier et bancaire... Pour assurer le caractère objectif et crédible des résultats, ces instituts doivent être autonomes par rapport au pouvoir politique.

B. Les orientations du développement :

La pauvreté et le sous-développement ont atteint à ce jour un niveau alarmant. Le développement du Vietnam est donc à la fois une nécessité vitale et une entreprise de longue haleine. Tous les Vietnamiens doivent s’y mettre sans délai pour pouvoir transformer rapidement cette situation. Développement ne signifie pas seulement amélioration du produit national brut mais aussi création d’une vie prospère et heureuse. Il ne peut se limiter aux seuls domaines économiques ou techniques, mais doit permettre l’épanouissement de tout un chacun, enrichir le patrimoine culturel, et renforcer la cohésion de la société.

I. Les principes fondamentaux.

L’Alliance Vietnam Liberté préconise les concepts suivants comme principes fondamentaux :

1. Pluralisme démocratique.

Dans une démocratie, chaque individu exerce librement ses droits tout en se soumettant aux conventions de vie commune. Mais celles-ci ne doivent pas façonner les individus selon un seul et unique modèle. La diversité dans une communauté n’est concevable que si chaque membre peut s’exprimer librement, débattre et convaincre les autres du bien-fondé de son opinion.

Le pluralisme des opinions rend la démocratie effective en permettant à chacun d’apporter sa contribution originale à la construction de la communauté.

Les individus partageant les mêmes idées et les mêmes intérêts sont libres de se constituer en associations ou en partis politiques. Tous les partis politiques jouissent des mêmes droits et utilisent librement les moyens légaux pour étendre leur base et défendre leur programme lors des élections. La diversité de tendances des partis constitue un autre aspect du pluralisme démocratique.

La responsabilité de gouverner revient aux partis désignés par le scrutin. Mais les autres, qui constituent l’opposition, peuvent prendre part activement aux débats politiques. En aucun cas, un parti ne peut s’arroger le droit d’être au-dessus des lois et monopoliser tous les pouvoirs.

La séparation et l’équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, comme l’indépendance de l’administration vis-à-vis des partis politiques, sont les bases mêmes d’une vraie démocratie.

2. Respect des Droits de l’Homme.

L’aspiration profonde de chaque individu est de vivre librement dans une société, où il sera traité sur un pied d’égalité avec ses semblables. La liberté est non seulement un droit fondamental de l’homme mais aussi sa raison de vivre.

Les droits mentionnés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont inhérents à la personne humaine sans distinction de race, de religion, d’opinion, d’origine sociale etc... Le respect de la dignité humaine doit commander le comportement de chaque individu dans la société.

Les droits du citoyen comportent celui de participer activement à la vie politique, de bénéficier de l’éducation et de la protection sociale. Garantis par la Constitution et les lois, ils sont intimement liés à la notion de Justice. Celle-ci garantit l’ordre social en tenant compte de l’évolution des moeurs et protège chaque citoyen dans sa quête du bonheur.

Dans un Etat de droit, chaque citoyen peut agir en toute liberté dans le cadre de la Loi qui s’applique aussi aux tenants du pouvoir. Les lois ne doivent pas être un instrument au service d’une classe sociale ou d’un groupe.

3. Egalité sociale.

L’Egalité sociale ne signifie pas le partage égal des richesses, mais la répartition équitable et proportionnelle aux mérites. Elle ne doit pas s’identifier à l’égalitarisme.

Du point de vue juridique, l’égalité sociale vise à réduire les injustices et à interdire les privilèges illicites. Du point de vue moral, elle se manifeste par la solidarité. Sa réalisation ne constitue pas seulement une attribution du gouvernement, mais aussi un devoir des citoyens.

Les membres les plus défavorisés de la société tels que les personnes âgées, les handicapés, les orphelins... ont droit à une vie décente et digne. Ils doivent être aidés par un système de protection sociale de l’Etat et par des institutions humanitaires, publiques ou privées, sans oublier le rôle de la famille.

En fin de compte, l’égalité sociale consiste essentiellement à redistribuer équitablement les richesses et revenus et à donner à tous membres de la société les mêmes chances et opportunités de promotion.

4- Economie de marché.

L’économie du Vietnam sera soumise aux lois du marché. Toutefois, chaque individu, chaque entreprise, tout en recherchant le profit, doit respecter les valeurs humaines, les conventions sociales et préserver l’environnement.

Le rôle l’Etat se limite à réguler l’économie de marché. Pour ce faire, il doit accomplir les missions suivantes :

  1. créer le cadre juridique des activités économiques qui fixe les droits et les devoirs des acteurs.
  2. prendre les décisions politiques adéquates pour stabiliser les prix, favoriser le plein emploi, assurer l’équilibre budgétaire, limiter la dépendance économique vis-à-vis des autres pays.
  3. s’abstenir d’intervenir dans la production et porter ses efforts sur le développement des infrastructures et des réseaux de distribution. En revanche, il revient au gouvernement de superviser les secteurs sensibles tels que la santé et la défense où la participation des entreprises privées est néanmoins encouragée.
  4. définir les grandes orientations économiques nationales à long terme.

En outre, il doit encourager la formation des syndicats pour la protection des intérêts des travailleurs vis-à-vis du patronat et encourager le dialogue social entre ces partenaires.

II. Les politiques fondamentales.

1. Réforme de l’administration.

La réforme de l’administration est une action stratégique pour l’instauration de la démocratie au Vietnam. Elle doit comporter des actions suivantes :

  1. définir le rôle et la compétence de l’administration à tous les échelons, par une législation claire et précise, pour empêcher tout dysfonctionnement de l’Etat ou abus de pouvoir;
  2. déconcentrer et décentraliser pour obtenir une meilleure efficacité et éliminer l’engorgement des services centraux. L’Etat doit aider les instance locales à prendre des initiatives adaptées aux situations spécificiques des régions. Il doit aussi veiller à ce qu’aucun déséquilibre ne soit source d’injustice sociale;
  3. former en permanence des fonctionnaires spécialisés pour mieux servir la Nation;
  4. réduire le budget et les effectifs de l’armée et des services de sécurité, et augmenter ceux de l’éducation, de la santé et de l’action sociale;
  5. assurer l’indépendance des institutions bancaires vis à vis du pouvoir politique.

2. Réforme de l’Education.

L’Education et la Formation doivent en premier lieu inculquer le sens civique et les valeurs morales aux citoyens. Elles ne visent pas à créer des génies, mais à fournir aux citoyens une bonne culture générale et des connaissances utiles, à leur inculquer le sens des responsabilités, l’esprit de démocratie. Les objectifs de l’éducation sont :

  1. éradiquer l’analphabétisme et rendre obligatoire l’éducation jusqu’à la fin du cycle primaire, en aidant les enfants des familles pauvres;
  2. constituer un corps enseignant compétent et attaché à son métier en lui réservant toute la considération qu’il mérite; restaurer son autorité morale en renforçant la discipline scolaire;
  3. promouvoir une politique d’éducation de masse avec des cours pour adultes afin que chacun puisse améliorer son savoir quels que soient l’âge et le niveau;
  4. élaborer un programme de formation professionnelle en partenariat avec les entreprises et les organismes privés pour aider les chômeurs à retrouver un emploi.
  5. favoriser l’utilisation des techniques modernes pour que chacun puisse se familiariser avec les derniers progrès technologiques;
  6. encourager la création d’instituts de recherche privés et les faire collaborer avec ceux de l’Etat, en vue d’une meilleure utilisation des matières premières locales et de la création de produits compétitifs. Encourager les échanges avec les instituts étrangers pour mieux maîtriser les nouvelles technologies.

3. Promotion de la Culture.

La promotion de la culture et des arts permet de restaurer les valeurs traditionnelles telles que : l’esprit critique. Le gouvernement doit encourager les activités culturelles dans le but de réveiller la fierté nationale, et de promouvoir les valeurs universelles pour parer aux effets néfastes du matérialisme moderne. Les lignes d’action sont les suivantes :

  1. respecter la liberté de création, en particulier encourager les artistes à défendre les valeurs humaines dans un mouvement d’élévation vers le Beau, le Bien et le Vrai;
  2. encourager les initiatives privées pour faire revivre les arts traditionnels et les faire connaître au monde. Créer des prix pour récompenser les meilleures créations;
  3. protéger le patrimoine historique : restaurer les sites et empêcher le vol des trésors culturels nationaux.

4. Santé publique.

La politique de la santé publique doit garantir l’égalité des citoyens devant des soins et les services. L’Etat doit fournir les moyens appropriés pour la protection et l’amélioration de la santé. Les lignes d’action sont les suivantes :

  1. créer un réseau de santé publique ayant pour buts la prévention, le traitement et l’éducation sanitaire. Sensibiliser la population sur le problème de la natalité;
  2. encourager l’exercice libéral des professions de la santé, la création de l’assurance maladie, et la participation de tous à la préservation de la santé;
  3. former un personnel médical qualifié.

5. Réforme de la société.

Avec le développement et les échanges culturels avec d’autres pays, les relations sociales vont devenir plus complexes et vont influer sur la vie familiale. La famille risque de ne plus remplir son rôle d’éducation. La société doit la remplacer pour certains problèmes qui nécessitent des dépenses énormes. Les lignes d’action sont les suivantes :

  1. porter l’effort sur la création d’emplois en encourageant les initiatives privées; réduire les écarts entre les riches et les pauvres, et compenser le déséquilibre entre les régions;
  2. élaborer des programmes d’aide aux invalides de guerre, aux veuves et orphelins, aux personnes âgées avec l’aide des organisations sociales et des Vietnamiens à l’étranger;
  3. respecter la liberté de croyance et de culte : la politique ne doit pas s’immiscer dans le fonctionnement des Eglises.

6. Développement économique.

La politique économique du Vietnam doit concilier les dépenses sociales avec la croissance économiques dans ses plans de développement. Les lignes d’action sont les suivantes :

  1. moderniser l’agriculture par la mécanisation, et la répartition des terres aux paysans;
  2. encourager les initiatives privées en limitant le poids des entreprises d’Etat;
  3. créer un environnement favorable aux investissements étrangers, en particulier dans les secteurs de haute technologie;
  4. développer le marché intérieur : d'une part, en aidant les entreprises privées à s’agrandir pour affronter la concurrence extérieure; d'autre part, en mettant à profit les 80 millions de consommateurs potentiels par des réseaux de distributions adéquats et par une meilleure circulation des marchandises et enfin par une amélioration de la qualité des produits;
  5. porter l’effort sur la modernisation des infrastructures pour élever le niveau de vie général;
  6. sensibiliser la population à la protection de l’environnement, à la sauvegarde des richesses du pays en empêchant la destruction des forêts, la pollution des eaux...

7. Renforcement des relations extérieures.

Les progrès de la technologie ont rapproché les peuples et modifié ainsi les relations entre nations. Par des accords bilatéraux ou multilatéraux, les relations économiques internationales procèdent d’une logique d’interdépendance. La mondialisation qui se profile à l’aube du nouveau siècle apporte une nouvelle forme de coopération économique et d’échange culturel. Le Vietnam devra en tenir compte dans ses relations avec les autres pays. Les lignes d’action sont les suivantes :

  1. établir des relations avec tous les pays sur un pied d’égalité, dans le respect mutuel de la souveraineté de chacun;
  2. ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures des autres pays; s’interdire de recourir à la force pour imposer sa volonté aux autres; résoudre des différends par le dialogue et la négociation.

 

Conclusion :

 

Les Vietnamiens ont la capacité de résoudre leurs problèmes de pauvreté et d’amener leur pays sur la voie de la prospérité :

Ils sont capables de mobiliser les potentiels humains et matériels de l’ensemble du pays pour son développement,

Ils sont capables de rallier les millions de compatriotes vivant à l’étranger à l’effort de modernisation du pays.

Ils sont capables de gagner l’amitié et le soutien des peuples et des gouvernements du monde entier pour les aider à surmonter les difficultés actuelles et à décoller.

Pour réussir, ils doivent achever, le plus tôt possible, le démantèlement du régime totalitaire communiste actuel. Pour y parvenir, toutes les composantes de la Nation doivent s’y mettre afin de poser les fondements d’une Démocratie pluraliste.

L’Alliance Vietnam Liberté fait appel solennellement :

Les Vietnamiens méritent d’avoir une vie digne d’être vécue !
Le Vietnam doit se débarrasser de la misère et de l’oppression !
La Justice doit être rétablie, la Fraternité retrouvée, la Démocratie instaurée !
Les Vietnamiens ont une mission historique :

mettre fin à la dictature et moderniser le pays !

Que nos enfants soient fiers d’être Vietnamiens au XXIème siècle !

Berlin, le 13 Décembre 1997
Alliance Vietnam Liberté


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